Crédit immobilier : le paradoxe des taux bas qui freinent les séniors

Si la courbe des taux d’intérêt fléchie, les taux d’assurance requis par les banques ne diminuent pas. Avec des seuils d’usure très faibles, le chemin vers le crédit immobilier est parfois semé d’embuches.

Une assurance emprunteur onéreuse pour les séniors

Avec des taux de crédit immobilier au plus bas de leur histoire, comme l’indique l’Observatoire crédit logement avec 1,20% en moyenne en juillet, il serait bon de croire que l’emprunt n’a jamais été aussi ouvert jusqu’à présent. Or, suivant le profil du demandeur de crédit, la situation est tout autre, surtout pour les séniors. En effet, il ne faut pas oublier que les obligations en matière d’assurance sont plus contraignantes pour les plus âgés qui souhaitent emprunter un crédit. Du fait d’un risque de décès qui augmente avec l’âge, les banques sont plus exigeantes quand il s’agit de financer un projet immobilier sénior puisqu’elles doivent étudier les meilleures solutions si elles veulent garantir le recouvrement du capital prêté durant la phase de remboursement.

Pour cela, les dossiers peuvent aboutir à un déblocage si en échange les emprunteurs souscrivent à une quotité de 100% pour chaque tête. Ce choix consiste à assurer l’entièreté du remboursement par l’assureur en cas de décès d’un des deux emprunteurs, ce qui signifie que le conjoint survivant n’aura plus à prendre en charge les mensualités de crédit. Toutefois, mettre l’assurance de prêt à 100% pour chaque personne fait drastiquement monter le taux d’assurance et son coût global au sein du crédit. Les personnes âgées peuvent même avoir une proposition de crédit où le taux d’assurance s’approche du taux d’intérêt. Et en l’absence d’une couverture forte, les banques sont susceptibles de refuser de débloquer les fonds nécessaires aux séniors, même avec un dossier de qualité.

Le taux d’usure limite l’accès au crédit immobilier

Autre problème et non des moindres, lorsque l’assurance inclut une quotité élevée, le TAEG, soit l’addition du taux d’intérêt, de l’assurance mais aussi des frais de dossier et de caution, peut dépasser le seuil du taux d’usure. Dans ce cas, le prêteur se voit dans l’obligation de ne pas financer la demande étant donné que l’usure est le taux maximal légal applicable à une offre de crédit. Pour les séniors, la baisse des taux, même exceptionnelle, peut ne pas suffire à compenser une assurance emprunteur élevée qui fait décoller le TAEG au-dessus de l’usure.

Étant donné que la politique monétaire de la Banque de France est d’interdire la pratique de taux élevé via le mécanisme des taux d’usure, elle peut cependant mener à un effet pervers avec l’exclusion de certains profils, notamment les emprunteurs les plus âgés, qui n’ont pas de recours pour leur projet à l’habitat.

Dépôt demande rachat de crédit sénior

Publié dans Blog Sénior.