Mobilité Bancaire : quelle est la situation depuis son lancement ?

La loi Macron sur la mobilité bancaire a été promulguée il y a un et demi. Censée simplifier la vie des clients qui souhaitent changer de banque, elle devait être un nouveau facteur d’attrition pour les établissements bancaires. Retour sur les conséquences  sur le marché bancaire.

C’est quoi, le principe de la mobilité bancaire ?

Avant l’entrée en vigueur de la loi Macron, changer de banque pouvait se révéler être un véritable casse-tête. Le client avait en effet la responsabilité d’effectuer l’ensemble des démarches auprès de sa banque actuelle et celle dont il souhaitait se bancariser. Mais depuis février 2017, la loi Macron sur la mobilité bancaire facilite les démarches administratives pour les clients.
Dès lors, les banques ont l’entière tâche de transférer les comptes ainsi que les opérations de prélèvement et de virement. Un dispositif entièrement gratuit. Pour ce faire, un client doit fournir son RIB actuel et signer un mandat de demande de transfert auprès de sa nouvelle banque qui se charge de transmettre le document à l’ancienne banque. Cette dernière devra fournir à la nouvelle la liste des opérations et avertir les créanciers (Employeur, Assurance Maladie) et les débiteurs réguliers (EDF, GDF etc…). Les démarches sont réalisées dans un délai de 22 jours ouvrés maximum.
Malgré l’automatisation du système, il est préférable d’avoir une certaine vigilance quant au bon transfert de l’ensemble des opérations. Mais aussi sur la circulation de possibles chèques émis qui ne sont toujours pas encaissés avant la clôture définitive du compte pour éviter les mauvaises surprises.

Les Français, des clients relativement fidèles

Avec la simplification des démarches pour changer de banque, on aurait pu penser à un flux assez conséquent de transferts de comptes bancaires. Surtout que parmi les clients Français, on dénombre 20% qui se disent insatisfaits. Une insatisfaction qui peut générer un besoin de changer d’air. Cependant, on ne compte que 1,2 millions de personnes qui ont profité de la mise en place de la loi Macron pour changer de banque, selon le Comité Consultatif du Secteur Financier (CCSF). Une proportion toute relative en comparaison des 80 millions de comptes bancaires en France.
La mobilité bancaire n’a pas eu l’impact prévu, puisqu’elle est passée de 4,8% à 4,5% l’année dernière. On remarque que 2016 a été une année avec un flux de mobilité plus conséquent, sans la présence de loi Macron. Les Français étaient en effet plus sensibles à la baisse des taux en 2016 et ont donc fait jouer la concurrence pour en tirer des économies sur leurs crédits. Au-delà des crédits, les banques ne parviennent pas à fournir des services et des tarifs de différenciation. La loi Macron ne suffit pas à encourager les clients à aller voir ailleurs puisqu’ils estiment que les bénéfices financiers ne seront pas intéressants.
Concernant les clients qui ont entamés les démarches pour bénéficier du dispositif de la loi Macron, le taux de mobilité varie en fonction de leur typologie. D’après la Banque de France, on constate une mobilité plus présente chez les plus jeunes, avec un pic de 7% chez les 25 à 34 ans. Ceux possédant les revenus annuels les plus hauts sont les plus concernés par la volonté de changer d’enseigne bancaire.

Les banques en ligne s’attendaient à plus de migrations

Les grands déçus de la faible mobilité, c’est bien évidemment les banques en ligne qui pensaient assister à un accroissement conséquent de nouveaux clients. Elles gagnent malgré tout 10% de nouveaux clients par an et détiennent à ce jour 5% de parts de marché. Mais elles parviennent encore que rarement à devenir la banque principale puisque 78% de leurs clients utilisent les banques en ligne comme banque secondaire, malgré des tarifs concurrentiels et des offres de bienvenue encourageante. Il faut dire que les établissements physiques font tout pour demeurer la banque principale, avec la montée des frais de transfert des comptes d’épargne, décourageant pour la fuite bancaire totale. De plus, les Français ont toujours un besoin de proximité et d’un réseau physique. Le contact humain reste un facteur nécessaire sur le marché bancaire.

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Publié dans Blog Sénior.